Joan Taris
 

Portrait de Joan Taris, conseiller Régional MoDem d’Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin


 

Retrouvez l’article original, publié sur le site du Mouvement Démocrate ( http://www.mouvementdemocrate.fr/article/portrait-joan-taris )


 

Joan Taris, président du MoDem Gironde et conseiller régional en Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin, nous fait part de son engagement politique au sein du MoDem et de sa région.

Vous êtes adjoint au maire de Bouscat, directeur de cabinet de la mairie de Saint-Médard-en-Jalles, président du MoDem Gironde et dorénavant conseiller régional en Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours politique ? Qu’est-ce qui vous a conduit à vous engager au service de votre région ?

Je me suis engagé en politique dès l’âge de 17 ans, en 1993, dans la famille centriste qu’incarnait alors le Centre des Démocrates Sociaux (CDS) et à laquelle je suis toujours resté fidèle. Parmi les personnalités qui m’ont poussé à m’engager, les noms de Bernard Stasi, Simone Veil, Dominique Baudis et bien sûr François Bayrou me viennent immédiatement à l’esprit. La cause de l’Europe, après un referendum serré sur le traité de Maastricht, était pour moi essentielle.

Je me suis par la suite impliqué dans l’action publique locale, qui me passionne parce qu’elle permet, en agissant à une échelle de proximité et dans le concret, de mener des projets qui changent réellement la vie des gens. Cela m’a amené notamment à prendre la responsabilité des finances, de l’économie et de l’emploi en tant qu’adjoint au maire de ma commune du Bouscat (24 000 habitants dans Bordeaux Métropole). J’ai été élu au Conseil Régional dès 2010, après avoir dirigé la campagne de la liste Forces Aquitaine, conduite par Jean Lassalle, qui avait réalisé le score exceptionnel de 15,5%. J’ai été réélu, en décembre dernier, sur la liste d’union menée par Virginie Calmels. Enfin professionnellement, après diverses expériences dans le public et dans le privé, je suis directeur de cabinet de Jacques Mangon, maire centriste de Saint-Médard-en-Jalles (30 000 habitants, également dans Bordeaux Métropole).

Quand et pourquoi avez-vous rejoint le MoDem ? Selon vous, qu’est-ce que le MoDem apporte au paysage politique ?

J’ai tout naturellement rejoint le MoDem à la suite du CDS, de Force Démocrate et de l’UDF. Je crois profondément à la nécessité d’un courant d’équilibre, démocrate, social et réformateur, dans une vie politique française qui reste trop marquée par les postures du clivage gauche-droite. Je souhaite de toutes mes forces que la diaspora centriste se rassemble enfin et que nous sortions de notre culte hélas immodéré pour les chapelles. Gageons que les échéances de 2017 le permettront.

Vous faites partie de la commission « Finances, Budget, Evaluation des Politiques Publiques » au sein de votre région, quels sont vos grands projets ou souhaits concernant l’action régionale dans ces domaines ? Quelle est votre réaction face à la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités ?

Le rôle de cette commission est important. Nous avons été les premiers à demander à Alain Rousset, dès le soir du second tour, qu’elle soit présidée par un élu de l’opposition et avons été entendus. C’est notre collègue LR Olivier Chartier qui assume – avec compétence et efficacité – cette fonction. Le rôle de la commission des finances est essentiel, tout particulièrement dans le cadre de la fusion de trois régions, donc de trois budgets. La commission est notamment appelée à faire la lumière sur la situation spécifique de Poitou-Charentes (impayés et emprunts « toxiques »).

Concernant la baisse des dotations, non seulement je comprends mais je revendique le nécessaire effort de réduction du déficit et de la dette à l’échelle nationale, sujet d’ailleurs porté seul contre tous et avant tout le monde par François Bayrou. Mais l’iniquité de cet effort, qui pèse avec une brutalité inouïe sur les seules collectivités territoriales, l’Etat ne baissant aucune de ses dépenses propres tout en envoyant aux élus locaux des « patates chaudes » (rythmes scolaires, point d’indice…), est tout simplement scandaleuse.

Que pensez-vous de ce nouveau découpage régional, notamment de votre nouvelle grande région Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin dont Bordeaux sera la locomotive ?

Il y avait tellement d’autres priorités que la taille et le nombre de régions… Il aurait fallu d’abord régler clairement la question de leurs compétences et de leur financement. Pour autant, la réalité est là : ALPC, qui se cherche un nom fédérateur, existe et nous devons désormais « faire région » tous ensemble. Bordeaux, qui rayonne grâce à l’action d’Alain Juppé à laquelle nous participons, est une fierté et devra en effet tirer cette région vers le haut.

Vous avez écrit notamment sur la chasse qui, pour vous, est un enjeu politique, quelle est la place de la ruralité dans cette nouvelle grande région ?

Je me suis intéressé à ce sujet comme étudiant-chercheur en histoire. Le phénomène CPNT, force politique majeure dans les années 1990-2000, était fort intéressant à analyser. Savez-vous que la Gironde est le département qui compte le plus de titulaires du permis de chasse dans toute la France ? Il faut sortir de la fracture territoriale et inventer une nouvelle coopération des territoires ruraux, périurbains et urbains (notamment parmi ces derniers les quartiers prioritaires de la politique de la Ville) qui respecte chacun d’entre eux et les fédère tous. « Rats des villes » et « rats des champs », nous formons le même pays : innovons et inventons des projets partagés !

Avez-vous un autre grand combat/projet qui vous tient à cœur et que souhaiteriez défendre à l’échelon régional ?

Sans hésiter l’apprentissage et l’alternance, voies royales vers l’insertion professionnelle des jeunes.

Vous avez mené un combat personnel contre le spectacle de Dieudonné, quelle est votre conception de la liberté d’expression ?

Elle s’arrête là où commence le respect d’autrui. Les appels à la haine transformés en show business ne sont pas acceptables dans notre République. J’ai pris cette position en 2013, je reste exactement sur la même ligne.

Plus généralement, au niveau national, quel est le grand sujet actuel qui vous donne envie de vous mobiliser ? Que pensez-vous de la loi sur la déchéance de nationalité et la prolongation de l’état d’urgence ? Etait-ce nécessaire selon vous ?

Oui à la dernière question. La Nation doit se protéger, y compris en usant d’une mesure symbolique dont il ne faut cependant pas surestimer la portée concrète.

La question majeure, à mes yeux, c’est l’emploi parce qu’il procure revenu, dignité et insertion dans la société. L’actualité montre une fois encore que notre pays est bloqué. Je rêve d’une économie sociale de marché à la française, où l’efficacité économique est mise au service du progrès social et dans laquelle partenaires sociaux dialoguent et contractualisent et où PME et régions jouent un rôle clé.

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