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Portrait d’Otilia Ferreira, conseillère régionale Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes


 

Médecin, féministe et engagée, Otilia Ferreira, conseillère régionale en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes revient sur ses ambitions pour la région, sur son parcours politique et sur les sujets qui la passionnent.

Vous êtes conseillère régionale en Aquitaine-Limousin-Poitou. Qu’est-ce qui vous a conduit à vous engager au service de votre région ? Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours politique ?

Je vis à la Rochelle. Avec le redécoupage des régions l’ancienne région Poitou-Charentes intègre la plus grande région de France, l’Aquitaine-Limousin-Poitou Charentes dont la capitale naturelle est Bordeaux. La loi NOTRe a défini les champs d’action spécifiques des régions avec le développement économique, la formation professionnelle, l’aménagement du territoire, l’agriculture. Dans ce mandat je veux porter la défense de « mon » territoire et j’exigerai un traitement équitable des dossiers picto-charentais.

Cette première mandature est essentielle pour la construction de la grande région, avec la contrainte de l’harmonisation des dispositifs entre les trois régions source. Je siège dans l’opposition au sein du groupe Mouvement Démocrate et Apparentés. J’y retrouve des élus de l’ancienne Aquitaine qui connaissent bien Alain Rousset, sa gouvernance, ses qualités et ses défauts. Etant la seule élue MoDem du Poitou-Charentes ma participation est importante comme porte-voix de notre vision centriste. Je souhaite la convergence des projets régionaux et des projets départementaux au service des habitants, par-delà les étiquettes politiques.

J’apporte dans ce mandat l’exigence de l’équilibre des territoires, avec l’amélioration de l’emploi, un soutien indéniable à la jeunesse et un engagement en faveur d’une politique régionale de santé publique.

Quand et pourquoi avez-vous rejoint le MoDem ? Selon vous, qu’est-ce que le MoDem apporte au paysage politique ? Quelle est votre perception du système politique français actuel?Quelle place et quel rôle le centre doit-il jouer selon vous ?

J’ai adhéré au MoDem en 2007. Je suis née à Lisbonne sous la dictature de Salazar. Je suis arrivée clandestinement à Paris à l’âge de 12 ans. Enfant pauvre j’ai pu conduire des études médicales et exercer comme gynécologue-obstétricienne à l’hôpital et en libéral en Ile de France. J’ai travaillé pendant 4 ans en Martinique et depuis 2010 je réside à La Rochelle et j’exerce actuellement les  fonctions de Médecin de l’Education Nationale.

Mes quatre exigences viennent de mon parcours : exigence de la démocratie et du respect des libertés, exigence de la tolérance de l’écoute et de l’aide aux plus faibles, soutien aux femmes et aux enfants dans tous leurs combats et exigence d’un programme de santé environnementale. Je retrouve au MoDem l’essentiel des valeurs qui me portent avec la quête de l’ascenseur social, l’accès à la transmission culturelle, la préservation de la planète pour les générations futures, l’écriture d’une société ouverte, tolérante et solidaire et la construction d’une Europe forte. Consolidé dans la justesse de ses orientations le MoDem est aujourd’hui plus que jamais attendu pour diversifier l’offre politique faite à la France. L’approche binaire est éculée, le FN ronronne à nos portes et le MoDem doit proposer un programme pour une gouvernance de rassemblement avec une vision à long terme.

Vous faites partie de la Commission « Éducation, Lycées, Maîtrise d’ouvrage », quels sont projets pour les lycées de votre région ? Quelle est votre priorité pour l’éducation ?

Je siège dans cette commission qui gère 296 lycées. La Région traite de la construction, de l’équipement et du fonctionnement des lycées mais aussi de l’accueil, de la restauration et de l’hébergement des lycéens. Elle est l’employeur de tous les personnels non enseignants.

En tant que Médecin de l’Education Nationale j’ai en charge des lycées généraux et des lycées professionnels et j’en connais les besoins impérieux. Plusieurs chantiers m’apparaissent essentiels : participer à un équipement sportif diversifié, conduire une politique d’accès au numérique générale, fournir des ateliers professionnels de qualité et donner l’accès à une restauration de circuit court, écologique et équilibrée. La politique d’accompagnement des personnels techniques de lycée doit être juste et s’inscrire dans le respect des agents, avec une logistique de proximité.

Vous faites également partie de la Commission « Culture, Patrimoine, Identités régionales, Sports, Jeunesse, Solidarités, Handicap », quels sont vos souhaits ou projets pour la région dans ces domaines-là ?

Il ne vous aura pas échappé que je siège dans la commission fourre-tout de la Région ! Elle est vaste, elle est grande, elle est noble. La plupart des élus qui y siègent s’investissent en faveur du sport. Je m’impliquerai fortement dans la défense de la culture, avec la protection du livre, du spectacle vivant et de la création artistique. Je m’engagerai dans les axes solidarités et handicap, avec le souci permanent de lutte contre les exclusions, considérant que les politiques publiques ont pour devoir premier de permettre à tout individu d’être un véritable citoyen. Je compte travailler à la lutte contre la désertification médicale et au soutien aux personnes âgées isolées.

Vous défendez les droits des femmes, vous participez à l’université d’été de l’assemblée des femmes dont le slogan est « égalité, dignité, autonomie ». Que pensez-vous de l’évolution de la place des femmes dans notre société ? Selon vous, quels sont les grands chantiers à entreprendre aujourd’hui afin d’améliorer l’égalité Homme-Femme. La parité (surtout en politique), est-ce un mythe ou une réalité selon vous ?

Je suis féministe depuis la fac. J’ai rencontré des figures pionnières de la lutte pour le droit à la contraception et à l’IVG. J’ai accompagné le développement des centres d’orthogénie. Puis le féminisme a évolué ; croyant naïvement que tout était solidement acquis les jeunes féministes ont restreint leurs revendications aux champs de l’égalité professionnelle et de la parité en politique. Pendant ce temps-là les droits sur la santé reproductive prenaient du plomb dans l’aile !

Aujourd’hui, nous devons exiger les mêmes formations professionnelles, les mêmes salaires et la même représentation dans les instances de décision économiques (Conseils d’Administration des entreprises ou Institutions Administratives) ou politiques.

Nous devons reprendre le dossier de la santé génésique. La contraception a été malmenée par Marisol Touraine, le traitement de la stérilité doit être repensé, le diagnostic prénatal mérite d’être revisité et les lois de bioéthique attendent une révision. La France doit se déterminer sur le dossier de la maternité de substitution, confortablement appellée gestation pour autrui, où le corps des femmes devient marchandise.

Notre investissement dans la lutte contre les violences faites aux femmes est fondamental. Violences physiques, psychiques, viols, mutilations sexuelles, mariages forcés, meurtres sont encore quotidiens dans la société française.

Il nous faut rendre aux femmes l’espace public. Elles doivent pouvoir prendre les transports en commun, sortir le soir ou faire du sport dans les équipements publics, au même titre que les hommes : citoyennes à part entière !

D’ailleurs, à cette occasion, vous aviez fait une intervention concernant la laïcité, dont le titre était « la loi de 1905 à l’épreuve du terrain ». Quelle est votre vision de la laïcité ? Aujourd’hui, quelles places les religions doivent-elles avoir dans notre société selon vous ?

Je considère la laïcité comme le principal rempart contre tout obscurantisme : politique, religieux ou culturel. J’aurais aimé que ce principe fût inscrit à côté de liberté-égalité-fraternité au fronton de nos bâtiments publiques. Elle fait partie inhérente de nos valeurs Républicaines. Je suis favorable à une laïcité sans adjectif : pas de relativisme culturel, pas d’atténuation de ce principe essentiel. J’ai vécu jusqu’à 12 ans dans un régime dictatorial qui mêlait politique et religion. Sur la carte d’identité de chaque portugais figurait l’inscription de sa religion. Je veux ne jamais avoir à revivre cela et je revendique la séparation sans ambiguïté des deux espaces.

Plus généralement, au niveau national, quel est le grand sujet qui vous donne envie de vous mobiliser ? Par exemple, vous vous mobilisez pour lutter contre la pédophilie et souhaitez que l’on « lève le tabou et qu’on « lui torde le cou ». Comment réagissez-vous face à l’affaire Barbarin et aux scandales autour de l’église ?

Je suis engagée dans la lutte contre l’inceste et la pédophilie depuis plus de 10 ans et avec un groupe d’amis médecins nous tentons de passer par la voie législative pour améliorer la part des signalements pour abus sexuels faite par les médecins. Nous savons que des enfants sont abusés ou violés au sein de l’Eglise ou de l’Ecole. Je ne pardonne rien aux pédophiles mais on sait que 75% des abus sexuels sont des incestes et qu’ils ont lieu en intra-familial et dans tous les milieux. Notre devoir est effectivement, comme je l’ai dénoncé, « lever le tabou pour lui tordre le cou ».

Je suis et je reste médecin. Je suis très inquiète pour ce qu’est devenue la Santé en France. Les lois se sont additionnées pour nous amener à une situation très dégradée aujourd’hui : loi HPST de Roselyne Bachelot puis loi Santé de Marisol Touraine.

Le chantier est vaste. Nous devrons tout reprendre : organisation des soins – remboursement – tarification hospitalière – prise en charge – équilibre hôpital ville – génériques – plans santé – études médicales et paramédicales – santé publique – santé environnementale…

C’est un sujet qui ne trouvera solution qu’au niveau national, au sein d’un Ministère de la Santé qui lui soit spécifiquement consacré !


 

Son portrait sur le site du Mouvement Démocrate:

http://mouvementdemocrate.fr/article/portrait-otilia-ferreira

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